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Mercredi 14 mai 2008

Le site internet du journal Le Monde publie ce jour un article intitulé « les parachutes dorés des grands patrons dans le collimateur de l'Eurogroup. »

« Les ministres des finances de la zone Euro ont condamné les « augmentations scandaleuses » que s'attribuent certains dirigeants d'entreprise, et envisagent des mesures fiscales pour contrer le phénomène », explique le quotidien qui précise notamment que la ministre Christine Lagarde a parlé de « pratiques scandaleuses. »

Quel aveu de la part des meilleurs serviteurs de l'Europe de la finance! Certes, ces prises de position sont bien évidemment hypocrites. Les avantages financiers dont bénéficient les dirigeants des grands groupes ont deux origines : pour certains, une situation de rente découlant de la nature juridique de la société anonyme, et pour tous la volonté des actionnaires de les associer le plus étroitement possible à la recherche du profit maximum à court et moyen terme. Le phénomène aujourd'hui dénoncé n'est donc pas un « excès » commis par certains, mais une manifestation logique de la nature même du capitalisme.

Certaines conclusions peuvent cependant être tirées de ces réactions politiques.

D'une part, les ministres craignent, comme l'a avoué à demi-mots Jean-Claude Junker, que les salariés qui voient leur situation se dégrader, sous l'effet de la concurrence exacerbée crée par les traités européens et par l'énorme pression actionnariale, réagissent au scandale des super-salaires patronaux en revendiquant plus fortement des augmentations pour eux-mêmes, avec l'appui de l'opinion publique. Les dirigeants politiques estiment donc qu'il existe un potentiel de luttes à l'échelle européenne, qu'ils présentent évidemment sous la forme d'une « menace inflationniste. » La gauche aurait tort de ne pas exploiter cette situation.

D'autre part et surtout, ils envisagent d'imposer fiscalement les primes de départ. Ainsi, l'idée d'une fiscalité européenne, ou coordonnée par l'U.E., ce qui revient au même, fait son chemin y compris au sein de la classe dirigeante. On peut y voir la preuve du réalisme des propositions de taxation du capital à l'échelle européenne et d'harmonisation par le haut des fiscalités. Les ministres eux-mêmes nous le font comprendre : c'est possible, et tout de suite!

La gauche aurait tort de continuer à restée enfermée dans des débats étroitement franco-français conduisant trop souvent à formuler des propositions de réformes insuffisantes, ou irréaliste si elles restent limitées à un seul pays.
L'articulation entre luttes et revendications politiques nationales et européennes doit prendre une place beaucoup plus importante dans la démarche de nos organisations.

Pour notre part, pour amorcer le débat, nous continuons notre action pour un impôt européen sur la fortune: signez, faites signer la pétition :
http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=1647


Par Yannick
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Jeudi 17 avril 2008

WASHINGTON (AFP) - Le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson a présenté officiellement lundi un vaste projet de refonte de la réglementation financière, destiné à en améliorer l'efficacité, en donnant notamment une mission considérablement accrue à la banque centrale.

Cette dépêche d'agence datée d'aujourd'hui illustre la gravité de l'échec des politiques de libéralisation des marchés. Les craintes provoquées par la crise financière sont telles que même la droite américaine, qui s'était pourtant montrée très sensible aux arguments des théoriciens des anticipations rationnelles, est aujourdhui convaincue, sous la pression des professionnels de la finance, de la nécessité d'un net renforcement du contrôle des activités bancaires et de marché par la banque centrale, organisme d'état.

Le choix du libre marché est pourtant partagé par les partisans de l'Europe Libérale. Il se retrouve dans le texte du traité de Lisbonne, qui a reçu ces derniers mois le soutien de la grande majorité des socialistes français et européens. Cela illustre le chemin qui reste à parcourir à la gauche pour, au minimum, comprendre simplement la réalité du monde dans lequel nous vivons, et la gravité des choix des socialistes depuis l'Acte Unique Européen, ce chef d'oeuvre d'un Jacques Delors toujours encensé par ses camarades de parti.

Par ailleurs, il faut s'interroger sur le degré de sincérité des autorités américaines et sur la possibilité d'un contrôle efficace de banques privées très actives en dehors du territoire américain. Les banquiers, qui ont trouvé avec les nouveaux outils de spéculation une véritable mine d'or, n'y renonceront pas facilement, et leurs moyens de pression sur le pouvoir politique sont énormes. En tout état de cause, une réglementation américaine sera plus ou moins facile à contourner grace aux filiales des banques installées dans les paradis fiscaux. On imagine mal comment la FED pourrait contrôler efficacement les activités off-shore.

L'annonce faite par le secrétaire d'Etat au Trésor risque fort de subir le même sort que toutes les déclarations d'intention des autorités formulées après chaque crise financière. Il est dans la nature même des marchés de produits dérivés, qui sont à l'origine de l'actuelle crise des subprime après avoir provoqué les crises des vingt dernières années, d'être spéculatifs, instables et de manquer totalement de transparence. Tous les spécialistes et opérateurs de marché qui s'expriment depuis cet été reconnaissent que personne ne peut mesurer la réalité des engagements pris par des les banques; que dire alors de la sincérité des bilans des fonds spéculatifs ? Une simple réglementation, même sévère, ne résoudra pas le problème et ressemble beaucoup à de la poudre aux yeux. Le Trésor américains espère simplement contribuer à rétablir un minium de confiance entre banques pour éviter de nouvelles faillites et permettre au système de perdurer.

Il est facile d'en tirer la conséquence : ou la crise actuelle ne sera pas surmontée, ou elle le sera de manière temporaire et la prochaine étape sera pire.

En Europe, si nous voulons échapper à la catastrophe économique qui menace, il faut choisir la seule méthode efficace, qui est de contrôler les banques de l'intérieur, en mettant à leur tête des dirigeants investis d'une mission de service public (en France, nous avons l'expérience des entreprises de service public efficace
.) 

IL EST DONC URGENT DE FAIRE MONTER L'EXIGENCE D'UNE PROPRIETE PUBLIQUE DES BANQUES. LA NATIONALISATION-EUROPEANISATION DES RESEAUX BANCAIRES DOIT DEVENIR UNE REVENDICATION PRIORITAIRE DES GAUCHES. 

Par Yannick
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Mardi 1 avril 2008
 

 

 

La décision du Président de notre pauvre République d'envoyer des renforts militaires en Afghanistan est probablement la plus grave, la plus dangereuse et la plus scandaleuse de toutes les mesures nocives qu'il a engagées depuis son élection.


Ce n'est pas un hasard si cette décision est annoncée à l'étranger, dans une Grande Bretagne totalement inféodée aux Etats-Unis : la trahison des intérêts nationaux est une tradition de la noblesse et de la bourgeoisie française (souvenons nous des émigrés contre-révolutionnaires, de 1870-71 et de l'alliance avec le Kaiser contre la Commune, de la collaboration avec les nazis, ...)


Les spécialistes militaires estiment, avec de très bonnes raisons, que les occidentaux sont dans l'impossibilité de gagner cette guerre, et le Canard Enchainé a récemment affirmé que le Chef d'état major des armées serait hostile à cet engagement.


L'histoire montre qu'il est quasiment impossible à une armée étrangère de contrôler ce pays montagneux aux fortes traditions guerrières.


Le fossé culturel entre les afghans et les troupes occidentales ne peut que jeter de nombreux autochtones du côté des ennemis des américains : la diffusion de cassettes pornographiques ou les bordels pour militaires de Kaboul sont inacceptables dans la culture locale! Ces <<valeurs occidentales>> sont nécessairement rejettées par la population et discréditent le discours sur la démocratie et les droits de l'Homme1.


Bien entendu, ce constat est encore plus vrai quand les militaires américains et leurs supplétifs <<alliés>> multiplient les bavures comme les attaques de mariages confondus avec des rassemblements de talibans.


Plus encore, cette guerre doit être replacée dans le contexte général de la crise de la stratégie de l'impérialisme américain. La croissance américaine, au moins depuis l'époque de Ronald Reagan (voir même depuis la guerre du vietnam), est tirée par les dépenses militaires et par l'endettement extérieur. Tant que les Etats Unis remboursent leurs dettes en créant du dollar, ils font en fait financer leur économie et leur impérialisme militaire par le reste du monde. La contrepartie en serait une soi-disante <<sécurité>> apportée à leurs alliés.


En réalité,il est évident aujourd'hui que l'alliance avec les Etats-Unis aggrave l'exposition de la France, comme des autres pays d'Europe, au risque terroriste.


Une alliance privilégiée entre certaines puissances est nécessairement perçue par les pays qui en sont exclus comme une menace potentielle. C'est le cas actuellement pour la Chine, mais aussi pour l'Inde traditionnellement méfiante à l'égard des américains alliés traditionnels du Pakistan, de certains pays arabes, des pays latino-américains gourvernés par des forces politiques hostiles aux Etats-Unis (Cuba, Vénézuella, Bolivie,...).


Plus grave encore, les Etat-Unis connaissent un endettement extérieur qui a atteint depuis longtemps un niveau record sans équivalent historique. La crise économique actuelle, qui pouvait, dans un premier examen superficiel, apparaître comme une simple correction d'<<excès>> spéculatifs, devient clairement une crise de l'ensemble d'une économie dont la fragilité se dévoile au grand jour. La récession en cours aggrave la menace d'une crise de confiance dans le dollar, qui pourrait conduire à la fin de son utilisation comme monnaie mondiale dominante. Dans ce cas, les Etats-Unis ne seraient plus en mesure de rembourser leurs dettes et l'effondrement économique serait total.


Face à cette menance, le dernier atout dont ils disposent est leur énorme puissance militaire. Pour justifier son utilisation et continuer à racketter la planète, ils ont besoin de trouver sans cesse de nouveaux conflits, quitte à les susciter. Ils soutiennent donc la politique colonialiste du gouvernement israélien afin de rendre impossible la paix au Proche Orient, ils ont soutenu, voir même manipulé les indépendantistes kosovars, etc.


Choisir l'alliance avec les Etat-Unis, c'est choisir la guerre permanente2. C'est aussi choisir de faire financer le capitalisme américain par les travailleurs d'Europe. Les salariés qui sont exploités ou jetés au chômage pour engraisser les fonds de pension américains le savent bien.


L'alliance de la grande bourgeoisie européenne avec le pays coeur du monde capitaliste est naturelle. Il faut lui opposer une autre alliance naturelle, celle des peuples d'Europe et de toutes les victimes de l'impérialisme. Il faut d'urgence faire monter l'exigence d'une Europe totalement indépendante des Etats-Unis et exiger la dissolution de l'Alliance Atlantique et de l'OTAN.


Toute autre attitude conduirait à commettre la même trahison que celle commise en 1914 par les socialistes partisans de l'<<Union Sacrée>>.


Un véritable parti anti-capitaliste doit se souvenir que la guerre américaine contre l'Irak a commencé sous la présidence du soi-disant socialiste Mitterrand, qui y a associé la France, rompant ainsi avec la politique d'indépendance voulue par le Conseil National de la Résistance puis par De Gaulle.


UN VERITABLE SLOGAN DE GAUCHE S'IMPOSE A NOUVEAU : YANKEES GO HOME !

1cf. l'article de Jean-Pierre Perrin <<les talibans forts de l'impuissance de l'OTAN>> publiés sur le site internet de LIBERATION en date du 01.03.08

2cf. l'article <<Un détour théorique sur les conditions de l'impérialisme aujourd'hui>> de DANIELLE BLEITRACH en date du 24 mars 2008 sur le site socio13.wordpress.com

Par Yannick
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Lundi 24 mars 2008
Dans l'édition du Monde.fr datée du 5 mars dernier, Michel Rocard donne son sentiment sur le conflit entre Laurence Parisot et les dirigeants de l'UIMM. Il affirme que pour lui, <<la cause est entendue : le capitalisme sombre sous l'immoralité.>> <<Nous avons choisi la libre entreprise. Elle exige de bons patrons, respectables et intègres. Sans éthique forte, il n'y a plus de capitalisme.>> <il appelle donc à nous retrouver tous <<derrière Laurence Parisot>>

 Quiconque connaissant si peu que ce soit l'histoire du capitalisme avec son cortège de mécanismes d'exploitation féroce, de crimes coloniaux, de guerre, de pillage de continents entiers, d'escrocrerie, etc, ne peut que sourire devant cette vision des<<bons patrons>> qui semble sorti tout droit d'un cours de morale dispensé aux pensionnaires du Couvent des Oiseaux au XXè siècle.

Avec un peu de recul, on se demande comment et pourquoi un homme comme M. Rocard, parfaitement conscient de la réalité du comportement de la classe dirigeante, éprouve le besoin d'exposer de telles niaiseries. Ses propos illustrent le rôle de la propagande assénée depuis le milieu des années 80 par les soi-disant <<socialistes>> afin de faire accepter au monde du travail sa soumission au capitalisme. La gauche <<officielle>> se contente d'occuper le terrain de la morale, si comode pour détourner l'attention des problèmes réels et entretenir l'illusion d'un combat factice avec la droite. On voit ici comment un dirigeant socialiste historique peut se permettre de jeter le masque en soutenant la principale dirigeante du patronat : la dérive idéologique droitière d'une grande partie de la société, y compris dans la classes populaires, le permet en même temps qu'elle est accentuée par ce type de prise de position.

Pour nous, comme pour tous ceux qui refusent de se faire berner comme des enfants, le combat entre patrons au sein du MEDEF ne concernent en rien le monde du travail, qui n'a pas besoin d'un retour de la morale des curés, même dans une version laïque et républicaine, mais de la  satisfaction réelle des besoins  sociaux.
Par Max
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Jeudi 20 mars 2008

Daniel Cohen, professeur à Paris 1 et à Normale Sup, repond aujourd'hui à une interview publiée par Le Monde dans laquelle il présente son point de vue sur l'actuelle crise financière. IL déclare qu<<il faut que le G7 ait le culot de créer un fonds public de réserve pour se porter au secours des établissements en difficultés>>.

Ainsi, après la nationalisation de la banque Britannique NORTHERN ROCK et les prises de participation par des fonds souverains de pays arabes dans le capital de certaines banques américaines, le recours à la puissance publique serait la seule solution pour éviter le naufrage d'un système financier victime d'un développement sans précédent d'activités spéculatives à haut risque. Je ne développerai pas ici une ananlyse d'une situation qui, de toute évidence, réduit à néant les arguments, non seulement des tenants du libéralisme ainsi que des propagandistes de la <<mondialisation heureuse>>, mais aussi ceux des réformistes social-démocrates pour qui, comme le disait Lionel Jospin, <<L'Etat ne peut pas tout>>.

La libre circulation des capitaux au sein de l'Union Européenne, comme avec le reste du monde, sans harmonisation fiscale et sans contrôle public des établissements financiers se révèle aujourd'hui catastrophique. Un petit état comme la France ne peut s'opposer seul à une dérive mondiale. Il devient particulièrement urgent d'exiger la construction d'une Europe débarassée de la dictature du capitalisme financier.

Puisque la puissance publique doit intervenir, nous ne pouvons pas accepter qu'une fois de plus, on socialise les pertes en les faisant financer par le monde du travail, avant de recommencer à privatiser les profits.

Nous devons donc exiger une nationalisation des banques et leur transformation en un service public de financement de l'économie, qui doit être de dimension européenne.

Par Max
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