Le site internet du journal Le Monde publie ce jour un article intitulé « les parachutes dorés des grands patrons dans le collimateur de
l'Eurogroup. »
« Les ministres des finances de la zone Euro ont condamné les « augmentations scandaleuses » que s'attribuent certains dirigeants d'entreprise, et envisagent des mesures fiscales
pour contrer le phénomène », explique le quotidien qui précise notamment que la ministre Christine Lagarde a parlé de « pratiques scandaleuses. »
Quel aveu de la part des meilleurs serviteurs de l'Europe de la finance! Certes, ces prises de position sont bien évidemment hypocrites. Les avantages financiers dont bénéficient les dirigeants
des grands groupes ont deux origines : pour certains, une situation de rente découlant de la nature juridique de la société anonyme, et pour tous la volonté des actionnaires de les associer le
plus étroitement possible à la recherche du profit maximum à court et moyen terme. Le phénomène aujourd'hui dénoncé n'est donc pas un « excès » commis par certains, mais une
manifestation logique de la nature même du capitalisme.
Certaines conclusions peuvent cependant être tirées de ces réactions politiques.
D'une part, les ministres craignent, comme l'a avoué à demi-mots Jean-Claude Junker, que les salariés qui voient leur situation se dégrader, sous l'effet de la concurrence exacerbée crée par les
traités européens et par l'énorme pression actionnariale, réagissent au scandale des super-salaires patronaux en revendiquant plus fortement des augmentations pour eux-mêmes, avec l'appui de
l'opinion publique. Les dirigeants politiques estiment donc qu'il existe un potentiel de luttes à l'échelle européenne, qu'ils présentent évidemment sous la forme d'une « menace
inflationniste. » La gauche aurait tort de ne pas exploiter cette situation.
D'autre part et surtout, ils envisagent d'imposer fiscalement les primes de départ. Ainsi, l'idée d'une fiscalité européenne, ou coordonnée par l'U.E., ce qui revient au même, fait son
chemin y compris au sein de la classe dirigeante. On peut y voir la preuve du réalisme des propositions de taxation du capital à l'échelle européenne et d'harmonisation par le haut
des fiscalités. Les ministres eux-mêmes nous le font comprendre : c'est possible, et tout de suite!
La gauche aurait tort de continuer à restée enfermée dans des débats étroitement franco-français conduisant trop souvent à formuler des propositions de réformes insuffisantes, ou irréaliste si
elles restent limitées à un seul pays. L'articulation entre luttes et revendications politiques nationales et européennes doit prendre une place beaucoup
plus importante dans la démarche de nos organisations.
Pour notre part, pour amorcer le débat, nous continuons notre action pour un impôt européen sur la fortune: signez, faites signer la pétition : http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=1647