Mercredi 14 mai 2008

Le site internet du journal Le Monde publie ce jour un article intitulé « les parachutes dorés des grands patrons dans le collimateur de l'Eurogroup. »

« Les ministres des finances de la zone Euro ont condamné les « augmentations scandaleuses » que s'attribuent certains dirigeants d'entreprise, et envisagent des mesures fiscales pour contrer le phénomène », explique le quotidien qui précise notamment que la ministre Christine Lagarde a parlé de « pratiques scandaleuses. »

Quel aveu de la part des meilleurs serviteurs de l'Europe de la finance! Certes, ces prises de position sont bien évidemment hypocrites. Les avantages financiers dont bénéficient les dirigeants des grands groupes ont deux origines : pour certains, une situation de rente découlant de la nature juridique de la société anonyme, et pour tous la volonté des actionnaires de les associer le plus étroitement possible à la recherche du profit maximum à court et moyen terme. Le phénomène aujourd'hui dénoncé n'est donc pas un « excès » commis par certains, mais une manifestation logique de la nature même du capitalisme.

Certaines conclusions peuvent cependant être tirées de ces réactions politiques.

D'une part, les ministres craignent, comme l'a avoué à demi-mots Jean-Claude Junker, que les salariés qui voient leur situation se dégrader, sous l'effet de la concurrence exacerbée crée par les traités européens et par l'énorme pression actionnariale, réagissent au scandale des super-salaires patronaux en revendiquant plus fortement des augmentations pour eux-mêmes, avec l'appui de l'opinion publique. Les dirigeants politiques estiment donc qu'il existe un potentiel de luttes à l'échelle européenne, qu'ils présentent évidemment sous la forme d'une « menace inflationniste. » La gauche aurait tort de ne pas exploiter cette situation.

D'autre part et surtout, ils envisagent d'imposer fiscalement les primes de départ. Ainsi, l'idée d'une fiscalité européenne, ou coordonnée par l'U.E., ce qui revient au même, fait son chemin y compris au sein de la classe dirigeante. On peut y voir la preuve du réalisme des propositions de taxation du capital à l'échelle européenne et d'harmonisation par le haut des fiscalités. Les ministres eux-mêmes nous le font comprendre : c'est possible, et tout de suite!

La gauche aurait tort de continuer à restée enfermée dans des débats étroitement franco-français conduisant trop souvent à formuler des propositions de réformes insuffisantes, ou irréaliste si elles restent limitées à un seul pays.
L'articulation entre luttes et revendications politiques nationales et européennes doit prendre une place beaucoup plus importante dans la démarche de nos organisations.

Pour notre part, pour amorcer le débat, nous continuons notre action pour un impôt européen sur la fortune: signez, faites signer la pétition :
http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=1647


Par Yannick - Publié dans : actualités - Communauté : LES ALTERMONDIALISTES
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Dimanche 11 mai 2008
 article repris à la demande du site ami  http://le.communiste.76.over-blog.com/article-19439146.html

RENDEZ VOUS CE WEEK END A PRESLES

 

La Fête de Lutte Ouvrière rassemblera ce week-end à Presles, en région parisienne, des milliers de militants et sympathisants de toute l'extrème-gauche.

 

Des militants de LO, bien sûr et des électeurs d'Arlette Laguiller, bien entendu. Ceux-ci devront répondre aux questions des visiteurs et des militants d'autres courants concernant leur choix aux dernières élections : opportunisme que leur ralliement à des listes de gauche plurielle y compris conduites par le PS? Sectarisme, leur refus de participer à la construction du Nouveau Parti Anticapitaliste proposé par Olivier Besancenot pour la LCR ? On espère également avoir quelques éclaircissements sur l'exclusion / suspension de la minorité L'Etincelle (ou la Fraction) de LO...

 

Mais la Fête de LO est chaque année le lieu de rassemblement et de débat de la gauche bien au-delà de Lutte Ouvrière. La présence de la LCR y contribue également, et les débats LCR LO seront suivis avec un grand intérêt.

 

Présents à la Fête de LO seront également les militants de la Gauche Communiste du PCF qui y ont leur stand. La grande question qui leur est posée par l'actualité c'est celle de l'avenir du PCF. Si les militants de la « Gauche CO » font partie des 20% de membres du PCF qui se sont prononcés contre la liquidation du parti, ils se distinguent nettement des « nostalgiques » de tous poils : nostalgiques de Georges Marchais ou de Maurice Thorez, Staliniens impénitents, trotskistes du PCF tendance « Ted Grant » (la Riposte). Comment ces militants voient-ils la proposition de la LCR ? Grand sujet qui ne sera pas épuisé après ces trois jours mais qui, espérons le, sera à l'ordre du jour.

 

Pour la première fois sera présent à cette fête avec son stand le CPGB qui a édité pour l'occasion un supplément de quatre pages en français de son hebdomadaire le Weekly Worker. Au sommaire : combattre les liquidateurs, article faisant le point sur le NPA proposé par la LCR comme sur le Congrès prochain du PCF. Mais aussi un bilan de la catastrophique expérience Respect en Grande-Bretagne et à la une cette proposition : aller vers un Parti Communiste de l'Union Européenne. Le débat sera chaud au stand du CPGB. Je vous propose d'y faire un tour pour des discussions passionnantes. JME

 

PS : je propose aux camarades lecteurs de ce blog (Le Communiste 76, N.D.L.R.) qui souhaitent un contact non « virtuel » pour une fois et une bonne discussion de me retrouver dimanche à 14 heures au stand du CPGB

 

Par JME - Publié dans : sites amis - Communauté : les anti-capitalistes
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Lundi 5 mai 2008

Dans un article du Monde daté du 29 avril 2008, Jean Pisani-Ferry rejoint la cohorte des économistes « hortodoxes » qui souhaitent que la France se dote de règle rigides, qui pourraient être constitutionnelles, pour disposer d'un code de responsabilité budgétaire et de procédures incitant à son respect.

Il regrette que l'importance de l'endettement de l'Etat, résultant des déficits cumulés y compris en période de croissance économique, interdise aujourd'hui de pratiquer une politique de relance budgétaire propre à limiter l'ampleur de la récession qui nous  suite à la crise des subprimes.


Ce discours, classique chez les observateurs bien pensants, repose sur l'idée que les gouvernants des vingt dernières années auraient fait preuve d'incompétence et de laxisme, du fait d'une préférence pour la dépense et d'une allergie à l'impôt.


Peut-on sérieusement penser que la classe dominante aurait laissé pendant si longtemps la direction de la 6ème puissance économique mondiale aux mains d'incapables? Cela paraît peu sérieux.


J. Pisani-Ferry se singularise toutefois en remarquant que la France présente « la caractéristique des pays obsédés par les conflits de répartition. » Il s'approche ainsi d'une analyse plus réaliste de la réalité de l'utilité de l'endettement de l'Etat. La bourgeoisie libérale est hostile à l'action publique dans de nombreux secteurs économiques et sociaux, et les politiques libérales visent à privatiser un maximum d'entreprises ou de services publics utiles au plus grand nombre de nos concitoyens, et donc d'une utilité relative faible pour une classe sociale très minoritaire et qui possède les moyens financiers de compenser les carences des services publics par le recours au secteur privé marchand. Cependant, parmi les dépenses qu'elle ne souhaite par voir diminuer en France, on trouve la charge de la dette de l'Etat. Celui-ci est en effet un excellent emprunteur pour quiconque, riche particulier ou entreprise, souhaite effectuer des placements rentables dépourvus de risques. L'endettement permet de procéder à un transfert d'une partie du revenu national. Celui se fait des contribuables vers les bénéficiaires de la rente financière. Les premiers sont, pour l'essentiel, des travailleurs : il suffit de voir le poids prépondérant de la TVA (ainsi que d'autre impôts déconnectés des revenus : TIPP, impôts locaux,...) pour constater que notre système fiscal redistribue des plus modestes, qui paient la TVA sur la totalité de leur revenu, vers ceux dont la plus grande partie des revenus, qui est épargnée, échappe à l'impôt sur la consommation.


En France, les gouvernants, n'en déplaise à J. P-F., ne sont pas allergiques aux impôts qu'ils ont augmenté ces dernières décennies. Ils évitent de parler de la nécessité de financer la totalité des dépenses publiques par l'impôt de peur que, compte-tenu de traditions démocratiques nationales, la pression en faveur d'une augmentation des impôts pesant sur les plus riches et sur le capital soit posée avec beaucoup plus de vigueur. Ils préfèrent laisser filer les déficits pour ensuite présenter leurs choix politiques comme une fatalité inéluctable (« les caisses sont vides ») ou une exigence de Bruxelles, alors même que celle-ci découle de traités qu'ils ont eux-mêmes voulus et approuvés.


En réalité, impôt, déficit et endettement sont devenus, en France, des instruments d'exploitation du monde du travail qui satisfont pleinement le goût de notre bourgeoisie pour la rente financière.


La gauche français a tort de ne pas suffisamment intervenir sur les questions fiscales :

  • il faut dénoncer clairement le poids trop lourd des impôts pesant sur le monde du travail, dont les victimes sont clairement conscient mais qui n'a pas d'expression politique à gauche, ce qui a favoriser la dérive droitière d'une partie de l'électorat populaire;

  • il faut dénoncer beaucoup plus clairement la fraude fiscale :son importance équivaut à celle du déficit budgétaire : sans fraude, plus de problème budgétaire; hors, celle-ci est essentiellement le fait des particuliers les plus riches et des entreprises moyennes ou grandes, et la construction libérale de l'Europe l'a nettement favorisé (voir le scandale du Lichtenstein);

  • il faut exiger une fiscalité beaucoup plus reditributive : il serait juste de fixer démocratiquement l'écart maximum de revenu tolérable dans une démocratie, par exemple de un à dix, ce qui est à la fois considérable et très inférieur à l'énorme écart actuel;

  • il faut exiger une contribution nettement plus importante des entreprises, basée sur le capital et non sur le travail;

  • pour tout cela, il est impératif de modifier totalement les traités européens, pour interdire les paradis fiscaux internes et les liens avec ceux situés hors de l'U.E., harmoniser les fiscalités par le haut en commençant, par exemple, par la création d'un impôt européen sur la fortune : nos revendications doivent faire mettre en avant l'incontournable complémentarité des actions aux plans national et européen.

Par tourouge - Publié dans : débat économique - Communauté : LES ALTERMONDIALISTES
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Samedi 19 avril 2008
Depuis environ deux ans, Frédéric Lordon a proposé la création d'un nouvel impôt visant à réduire la pression exercée par les actionnaires sur les entreprises du fait de leur exigence d'une rentabilité à court terme unanimement dénoncée par les militants syndicaux et politiques de gauche. Il l'a baptisé du nom de SLAM, imitant ainsi de manière ironique la manie des financiers de recourir à des acronymes anglais, et en a exposé les détails sur son site internet où j'ai puisé la matière de ces quelques réflexions.

Cette proposition diffère sensiblement de celles visant à taxer la valeur ajoutée des entreprises. Elle a en effet le mérite de poser clairement la revendication d'une réduction sensible de la rémunération des actionnaires : elle vise donc à frapper au coeur même des mécanismes capitalistes, en désignant clairement sa cible <<la société capitaliste actuelle, toute démocratique qu’elle s’imagine, expérimente elle aussi le joug d’un groupe surpuissant, affranchi de toute force de rappel, par conséquent prêt à pousser son avantage jusqu’où bon lui semblera. Ce groupe, ignorant des limites et en proie à la démesure, c’est la finance actionnariale.>> On pourrait aussi l'appeler la grande bourgeoisie, car cette classe sociale mise aujourd'hui, surtout en Occident, bien plus sur la finance que sur l'investissement industriel direct traditionnel.

F. Lordon rappelle de manière très pertinente que <<l’événement le plus structurant de la société française sur le demi-siècle écoulé, (...) (a été) la loi de déréglementation financière de 1986 (vingt ans).>> Ce constat est malheureusement trop souvent oublié par les militants de gauche : LA CONFISCATION DU POUVOIR ECONOMIQUE AU MOYEN DE LA FINANCE EST TOTALE et il faut donc en tenir compte pour définir nos choix stratégiques.

Avec le SLAM, F. Lordon pose la bonne question : faire de l'action directe contre la finance actionnariale notre priorité, idée qui pourrait être partagée bien au delà des rangs de la gauche traditionnelle (on a même vu ces dernières années certains dirigeants de PME s'allier à des syndicats pour tenter de s'opposer à des fonds de pension).

Il faut alors voir si notre économiste apporte la bonne réponse, du moins de notre point de vue. Puisqu'il affirme que <<Rien n’est plus souhaitable que de voir le plus grand nombre s’emparer de l’idée, pour se l’approprier, la décortiquer, trouver ses défauts présents, y remédier, pourquoi pas la rendre encore plus méchante ; bref le code du SLAM est immédiatement en open source, sa vraie place est dans le domaine public.>>, prenons le au mot!

F. Lordon explique qu'<<on nomme TSR (Total Shareholder Return)(la) rémunération actionnariale effective globale rapportée au capital-actions investi. C’est au TSR qu’il faut s’en prendre. C’est lui qu’il faut ratiboiser pour convaincre les actionnaires qu’une fois un certain seuil atteint il est inutile de pressurer davantage l’entreprise pour obtenir d’elle «plus encore et indéfiniment», car tout l’excès désormais tombera, par voie de couperet fiscal, dans la poche de l’Etat.>>

Le SLAM présente effectivement l'avantage de prendre en compte tous les aspects de la rémunération actionnariale (dividendes et plus-values)
. Il faut cependant noter qu'il existe différents impôts frappant chacune des composantes de cette rémunération : impôt de bourse (malheureusement supprimé par la dernière loi de finances), impôt sur le revenu des personnes physiques (avec l'importante question du scandaleux avoir fiscal), impôt sur les sociétés : une réforme globale de la fiscalité, qui est indispensable, prendrait nécessairement en compte ces prélèvements, réduisant du même coup l'intérêt du SLAM.

Avec ce nouvel impôt, la rémunération actionnariale serait limitée au taux d'intérêt de l'actif sans risque augmenté d'un <<petit quelque chose>> équivalent à la prime de risque. Ceci correspond au mode de rémunération des obligations, à la différence essentielle près que la loi fixerait un taux maximum (voir plus bas).

A ce stade, l'idée du SLAM semble encore séduisante. Les choses deviennent plus délicates quand on étudie le contenu des échanges sur le site internet entre F. Lordon et ses correspondants.

Certaines interrogations portent évidemment sur l'attitude des chefs d'entreprise et les moyens qu'ils pourraient mettre en oeuvre pour contrer le nouvel impôt.

F. Lordon affirme que<<bon nombre de patrons industriels tiennent in petto un discours extrêmement critique sur les marchés et seraient preneurs d’un système de limitation de la rentabilité actionnariale qui allégerait leur assujettissement aux réquisits des investisseurs financiers. Évidemment pour que ces patrons prennent clairement conscience de ce qui est leur intérêt objectif d’INDUSTRIELS, il faut d’abord les avoir désintoxiqués de leurs stock-options, c’est-à-dire avoir tué L’ACTIONNAIRE en eux. Mais le Slam lui-même les y aidera ! En effet (voir les compléments ci-dessus) le Slam s’appliquera aussi à cette catégorie un peu particulière d’actionnaires que sont... les patrons à stock-options. Placés, comme personnes physiques, sous Slam, les patrons, qui verront les performances de leurs stock-options ratiboisées comme le reste, cesseront d’épouser le point de vue actionnarial et de faire rechercher à leur entreprise la rentabilité financière à toute force... puisque celle-ci aura cessé de les enrichir directement. Redevenus authentiquement industriels, ces patrons pourraient alors très bien percevoir tout l’intérêt que présenterait pour eux un dispositif de protection vis-à-vis des demandes actionnariales délirantes — et n’avoir aucune envie d’échapper à ce qui pourrait leur apparaître, à eux aussi, comme une protection.>>

Ce point de vue pose problème. Il existe en effet des patrons de PME, notamment parmi les créateurs d'entreprise, qui correspondent au portrait en est fait ici. Cependant, la totalité des dirigeants des grands groupes, qui dominent l'économie, y compris parfois comme donneur d'ordre des précédents, sont de grands actionnaires (même sans prendre en compte leurs stock-options) ou ont été choisis par les actionnaires pour défendre leurs intérêts. Il y a donc identité parfaite d'intérêt entre grands patrons et actionnaires. Il faut noter que les énormes salaires des ces chefs d'entreprise ainsi que leurs autres rémunérations (stock-options, parachutes dorés, retraites chapeau,...) visent non seulement à acheter leur fidélité, mais aussi à leur permettre d'intégrer pleinement la classe sociale de la grande bourgeoisie, de partager son mode de vie, d'habiter ses ghettos de luxe, de s'y marier, etc. et donc d'épouser son idéologie et la défense de ses intérêts. Qui peut imaginer que l'industriel dont parle F. Lordon pourrait réapparaître sous la personnalité de gens comme Lagardère, Bouygues, Dassault, Bolloré, Pinault, Albert Frères, etc? Où est la différence, chez les membres de la vielle famille industrielle des Michelin, entre les industriels et les actionnaires qui se sont fait remarquer par leur recours aux licenciements dits boursiers?

F. Lordon est ici obligé reprendre à son compte, et sûrement à son corps défendant, la vielle thèse libérale de l'entrepreneur qui serait le moteur de l'économie. Voilà qui est formidable : il y aurait des patrons qui trouverait des <<avantages objectifs>> à un système qui leur ferait perdre une importante possibilité d'enrichissement et qui serait contraire à l'intérêt des actionnaires qui les nomment : si de tels patrons existaient, le monde entier serait un paradis socialiste! Le capitalisme n'aurait jamais existé, du moins sous sa forme actuelle! Ce qui , objectivement, simplifierait beaucoup la tâche des ses adversaires... Plus sérieusement, F.L. A-t-il oublié ce qu'est la lutte des classes, pour croire que des patrons de grandes entreprises (je ne parle pas de l'artisan du coin) pourraient se transformer en industriels soucieux de l'intérêt général par la seule vertu d'un mécanisme fiscal?

Il va jusqu'à écrire que <<en effet, les conseils d’administration pourraient décider contre les patrons (...). Ceci étant, les CA sont souvent peuplés moins d’actionnaires que d’autres patrons... et c’est heureux.>>Comment peut-on en arriver à croire cela, alors que des décennies de fonctionnement de tous les C.A. des grands groupes montrent presque toujours une convergence de vues entre actionnaires et patrons, au moins quand il s'agit d'exploiter les salariés?.

Pour répondre au risque évident que le SLAM pousse aux délocalisations, F. Lordon précise sa pensée:

<< Résumons nous : Soit l’entreprise — patron en tête — prend le parti de saisir les avantages objectifs du Slam, et rien ne bouge, ou plutôt : il y a beaucoup moins de mouvement de délocalisation qu’il n’y en aurait eu sans Slam. Soit l’entreprise fait le choix de se soustraire au Slam à toute force. Deux sous-cas : 1.ceux de ses établissements non délocalisables — parce qu’ils concentrent des compétences ou jouissent d’avantages (proximité de centres de recherche ou autres) qu’ils n’auraient pas ailleurs ne seront pas délocalisés, siège en France ou au Bahamas. 2) Ceux de ses établissements qui sont délocalisables le seront... comme ils l’auraient été sans Slam en vertu du principe qui veut que, sous surpression actionnariale, ce qui peut être délocalisé le sera.>>

On a vu qu'il est invraisemblable que les grands patrons saisissent les <<avantages objectifs]>>du SLAM. Il est également audacieux d'affirmer qu'il n'y aura pas davantage de délocalisation avec le SLAM : si la rémunération des actionnaires diminuent fortement, ceux-ci utiliseront tous les moyens possibles pour contourner cet obstacle (délocalisation, fuite des capitaux, astuces juridiques,...)

F. Lordon est conscient de ce problème. Il y apporte deux réponses. La première consiste à rappeler la faiblesse de la contribution nette de la bourse au financement des entreprises, mais le SLAM ne répond nullement à la nécessité de trouver un mode de financement alternatif.

La seconde est l'affirmation selon laquelle, parmi les professionnels de la finance, il s'en trouvera quelques uns pour contribuer volontairement au succès de la nouvelle mesure. Comment cela pourrait-il être si leurs employeurs ne changent pas? Nous savons en effet que certains cadres des banques souhaiteraient exercer leur métier autrement, mais que leur marge de manoeuvre au sein de banques privées est nulle.

Il faut également relever que l'inventeur du SLAM le présente comme applicable dans un seul pays, sans nécessité d'une modification du cadre européen, mais qu'il fait aussi parti des économistes à l'origine d'un appel récent pour l'abrogation des articles du traité de Lisbonne autorisant la libre circulation des capitaux et la liberté d'implantation des banques. On peut y voir une certaine contradiction : peut-on modifier la fiscalité française en appliquant le SLAM dans un seul pays, ou faut-il des moyens efficaces pour contrer les possibilités de fuite des capitaux dans le cadre de l'U.E.?

En fait, F. Lordon est confronté aux mêmes difficultés que tous ceux qui cherchent à supprimer les effets négatifs de la propriété privée des banques et des grandes entreprises sans s'attaquer à cette propriété elle-même.

Les actionnaires ne sont pas seulement en mesure de ponctionner financièrement les entreprises, mais aussi de les diriger. Pour atteindre les objectifs du SLAM (réduire leur rémunération au taux de l'intérêt de l'actif sans risque augmenté d'une prime de risque), il suffit de transformer les actions cotées en bourse par des obligations dont le taux de rémunération serait plafonné par la loi (mécanisme beaucoup plus simple que le SLAM et donc plus efficace.)

Surtout, ce changement retirerait aux actionnaires le
pouvoir de direction des entreprises et donc la possibilité de décider de délocalisations ou autres mesures de fraude ou d'évasion fiscale. Les grandes entreprises pourraient alors avoir à leur tête des conseils d'administration démocratiques, composés de représentants des salariés, de l'Etat ou de l'Union Européenne, de représentants d'association de consommateurs ou de défense de l'environnement, ou autres.

Un tel changement serait révolutionnaire mais malgré tout plus réaliste que de compter sur de mythiques entrepreneurs chez lesquels l'impôt aurait tué l'actionnaire...

Par ailleurs, aucune mesure contre la finance actionnariale n'est crédible sans proposer un mode de financement alternatif.
LE FINANCEMENT BANCAIRE S'IMPOSE ALORS, ET LA REVENDICATION D'UN SERVICE PUBLIC EUROPEN DE FINANCEMENT DE L'ECONOMIE EST INCONTOURNABLE, avec ses nécessaires déclinaisons nationales.

LA QUESTION DE LA NATIONALISATION-EUROPEANISATION DES BANQUES, DES SOCIETES D'ASSURANCE ET DE LA DEMOCRATISATION DES CONSEILS D'ADMINISTRATION (sans actionnaires) DES GRANDES ENTREPRISES DOIT ÊTRE AU COEUR DE L'ACTION DES GAUCHES.

Par Yannick - Publié dans : débat économique - Communauté : les anti-capitalistes
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Jeudi 17 avril 2008

WASHINGTON (AFP) - Le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson a présenté officiellement lundi un vaste projet de refonte de la réglementation financière, destiné à en améliorer l'efficacité, en donnant notamment une mission considérablement accrue à la banque centrale.

Cette dépêche d'agence datée d'aujourd'hui illustre la gravité de l'échec des politiques de libéralisation des marchés. Les craintes provoquées par la crise financière sont telles que même la droite américaine, qui s'était pourtant montrée très sensible aux arguments des théoriciens des anticipations rationnelles, est aujourdhui convaincue, sous la pression des professionnels de la finance, de la nécessité d'un net renforcement du contrôle des activités bancaires et de marché par la banque centrale, organisme d'état.

Le choix du libre marché est pourtant partagé par les partisans de l'Europe Libérale. Il se retrouve dans le texte du traité de Lisbonne, qui a reçu ces derniers mois le soutien de la grande majorité des socialistes français et européens. Cela illustre le chemin qui reste à parcourir à la gauche pour, au minimum, comprendre simplement la réalité du monde dans lequel nous vivons, et la gravité des choix des socialistes depuis l'Acte Unique Européen, ce chef d'oeuvre d'un Jacques Delors toujours encensé par ses camarades de parti.

Par ailleurs, il faut s'interroger sur le degré de sincérité des autorités américaines et sur la possibilité d'un contrôle efficace de banques privées très actives en dehors du territoire américain. Les banquiers, qui ont trouvé avec les nouveaux outils de spéculation une véritable mine d'or, n'y renonceront pas facilement, et leurs moyens de pression sur le pouvoir politique sont énormes. En tout état de cause, une réglementation américaine sera plus ou moins facile à contourner grace aux filiales des banques installées dans les paradis fiscaux. On imagine mal comment la FED pourrait contrôler efficacement les activités off-shore.

L'annonce faite par le secrétaire d'Etat au Trésor risque fort de subir le même sort que toutes les déclarations d'intention des autorités formulées après chaque crise financière. Il est dans la nature même des marchés de produits dérivés, qui sont à l'origine de l'actuelle crise des subprime après avoir provoqué les crises des vingt dernières années, d'être spéculatifs, instables et de manquer totalement de transparence. Tous les spécialistes et opérateurs de marché qui s'expriment depuis cet été reconnaissent que personne ne peut mesurer la réalité des engagements pris par des les banques; que dire alors de la sincérité des bilans des fonds spéculatifs ? Une simple réglementation, même sévère, ne résoudra pas le problème et ressemble beaucoup à de la poudre aux yeux. Le Trésor américains espère simplement contribuer à rétablir un minium de confiance entre banques pour éviter de nouvelles faillites et permettre au système de perdurer.

Il est facile d'en tirer la conséquence : ou la crise actuelle ne sera pas surmontée, ou elle le sera de manière temporaire et la prochaine étape sera pire.

En Europe, si nous voulons échapper à la catastrophe économique qui menace, il faut choisir la seule méthode efficace, qui est de contrôler les banques de l'intérieur, en mettant à leur tête des dirigeants investis d'une mission de service public (en France, nous avons l'expérience des entreprises de service public efficace
.) 

IL EST DONC URGENT DE FAIRE MONTER L'EXIGENCE D'UNE PROPRIETE PUBLIQUE DES BANQUES. LA NATIONALISATION-EUROPEANISATION DES RESEAUX BANCAIRES DOIT DEVENIR UNE REVENDICATION PRIORITAIRE DES GAUCHES. 

Par Yannick - Publié dans : actualités - Communauté : les anti-capitalistes
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Lundi 14 avril 2008
Dans notre série <<ce qui ne va pas à gauche de la gauche>>, voici un extrait d'un article de Paul Boccara publié sur le site internet de l'Humanité:

<<C’est pourquoi les communistes proposent deux ensembles de transformations à croiser :
1) Une action politique pour un autre crédit favorisant la croissance et l’emploi. Il s’agirait de taux d’intérêt réduits pour les investissements réels, d’autant plus bas, jusqu’à zéro, que sont programmés de bons emplois. Et au contraire des taux relevés pour les placements financiers, la spéculation, les exportations de capitaux.
2) Ces transformations doivent se faire à tous les niveaux. Immédiatement, depuis les localités et les régions, avec des Fonds régionaux pour des fonds publics prenant en charge les intérêts. On a tenté de le faire, à la demande des élus communistes ,dans la Région Ile de France notamment, mais sous la pression de l’idéologie dominante, cela se réduit, pour le moment, à des aides aux entreprises sans exigences sociales rigoureuses.
Au niveau national, la création d’un pôle financier public à partir de la Caisse des Dépôts, des Caisses d’épargne, etc.
Au niveau européen, le contrôle politique et une autre mission de la Banque Centrale Européenne pour un autre refinancement des banques. Au niveau mondial : une refondation du Fonds Monétaire International (FMI) et la création d’une monnaie commune mondiale pour refinancer les Banques centrales sous conditions sociales, en s’émancipant du dollar et de la domination des capitaux financiers. Un embryon de monnaie commune existe déjà avec les Droits de Tirages Spéciaux du FMI, titres créés donnant droit à tirer une certaine quantité de monnaies des différentes Banques Centrales.>>

Les propositions de Paul Boccara soulèvent de nombreuses difficultés dans leur hésitation à trancher entre réformes vouées à l'inefficacité et revendications révolutionnaires.

Une action politique pour un autre crédit favorisant la croissance et l’emploi: voilà une formule floue (certains diraient nouvelle langue de bois) qui peut permettre n'importe quelle interprétation. P.Boccara parle de taux réduits pour les investissements réels : ceux fait par les capitalistes n'ont rien de d'irréels ou de surnaturels! Les banquiers privés n'auraient aucun mal à faire semblant de respecter ce principe. Surtout, il ne dit rien sur la façon dont les banques seraient contraintes de moduler les taux selon ses propositions : il est évident que jamais des banques privées aux actionnaires avides n'accepteront de jouer le jeu, et on peut compter sur leur habilité professionnelle pour contourner d'éventuelles réglementations. Celles-ci supposeraient d'ailleurs la mise en place d'une véritable police financière, bureaucratique et qui n'aurait jamais les moyens de rivaliser avec les services des groupes bancaires transnationaux.

Comment pourrait-on commencer par des actions locales ou régionales quand il faut changer un système bancaire organisé au plan international?P.Boccara reconnaît l'échec de sa proposition de Fonds Régional, qui a conduit dans la réalité à faire comme toujours des cadeaux aux entreprises privées (et donc surtout à leurs actionnaires) avec l'argent public. Ce serait la faute de l'idéologie dominante : et oui, la lutte des classes existe encore et les propositions qui en font fi sont vouées à l'échec! Il faut cesser de proposer des mesurettes de ce type, qui se transforment bien vite en illusions déçues.

Au niveau européen, P. Boccara ne parle que de la Banque Centrale. Celle-ci a pour seul pouvoir de contrôler le rythme et le volume de la création monétaire. Même démocratisée, il lui serait impossible de refuser de refinancer des banques qui ne respecterait pas les critères définis par les propositions du PCF. En effet, une banque centrale ne peut jamais prendre la responsabilité de provoquer des faillites bancaires : l'actualité récente nous a d'ailleurs rappelé que dans le système capitaliste, les banquiers centraux sont très dépendants des banques commerciales, dont ils doivent assurer la survie à n'importe quel prix.

En réalité, le contrôle de l'utilisation du crédit ne peut se faire que de l'intérieur des banques. Il faut en confier la direction à des équipes qui soient clairement en charge d'une mission de service public, selon des orientations définies par les élus du peuple. Cela suppose donc une propriété publique des banques. Celles-ci viennent d'être sauvées par les interventions massives de la Banque Centrale Européenne, sans laquelle elles ne vaudraient plus rien : nous avons donc le droit de dire qu'elles appartiennent désormais à l'Union Européenne, et qu'elles doivent être transformées en un service public de financement de l'économie, organisé aux plans européens, national et éventuellement régional

Le gouvernement britannique a donné l'exemple en nationalisant la banque Northern Rock : allons-nous nous laisser doubler sur notre gauche par les travaillistes britanniques?

Les nationalisations de 1981-82 ont échoué car les banques publiques ont été gérées comme des établissements privés, sans mettre en oeuvre une politique nouvelle de crédits. On comprend  aussi que les anciens ministres de la gauche plurielle, qui ont contribué à une politique de privatisations, soient mal à l'aise avec le sujet d'une nationalisation-européanisationdes banques. Celle-ci présenterait cependant de nombreux avantages, pour peu que le monde du travail lutte pour exiger que le crédit soit mis à son service à la manière proposée par P. Boccara. De plus, des banques publiques n'interviendraient plus sur les marchés spéculatifs du type de ceux des produits dérivés ou autres, évitant ainsi le risque d'une crise comme celle que nous connaissons aujourd'hui. Elles seraient de précieux auxiliaires du fisc, pour lutter contre la fraude fiscale (en France,selon la Cour des Comptes, son montant équivaut à celui du déficit du budget de l'Etat ). Elles aideraient également la Justice à lutter efficacement contre l'argent sale qui représente une menace grandissante.


Au plan mondial, l'idée d'une monnaie mondiale est certes un objectif séduisant. Cependant, il faut être bien conscient de l'enjeu que représente pour les Etats-Unis le statut actuel du dollar. Depuis plusieurs décennies, il permet à ce pays de se développer (selon les critères capitalistes) en s'endettant toujours plus auprès du reste du monde, du fait du déficit chronique de la balance des paiements courants. Cette situation peut perdurer tant que les Etat-Unis remboursent leurs dettes en créant du dollar, et bénéficie ainsi d'une rente prélevée sur le reste du monde. Si ce privilège leur est retiré, leur économie s'effondrera. L'émancipation à l'égard du dollar que P. Boccara appelle de ses voeux ne se fera donc pas sans une lutte particulièrement violente contre l'impérialisme américain! Il serait grave de laisser se développer des illusions à ce sujet : une Europe nouvelle se heurtera nécessairement à cet impérialisme et il faut se préparer à ce combat, y compris, pour les organisations qui en ont les moyens, en travaillant avec les citoyens des USA hostiles à la politique de leur classe dominante.


DANS UN PREMIER TEMPS, 
UN RESEAU BANCAIRE EUROPEEN PUBLIC EST LA SOLUTION CREDIBLE ET EFFICACE A LA CRISE DE LA FINANCE CAPITALISTE : IL FAUT FAIRE MONTER CETTE EXIGENCE DANS LE DEBAT PUBLIC ET DANS LES LUTTES !

Par Yannick - Publié dans : propositions d'actions - Communauté : les anti-capitalistes
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Samedi 12 avril 2008
 SOLIDARITE AVEC LES JEUNES COMMUNISTES TCHEQUES !

Voici la copie d'un article paru sur un site ami. La répression à laquelle sont confrontés les communistes de la République Tchèque montre que les « démocrates » qui nous gouvernent et les grands médias qu'ils contrôlent savent très bien s'accommoder de violations flagrantes de la liberté politique et des principes inscrits dans les déclarations des droits de l'Homme. Dans le même temps, ceux qui sont si prompts à défendre les droits de certains peuples étrangers (en choisissant : la vie d'un tibétain vaux apparemment plus que celle d'un enfant palestinien) se taisent quand il s'agit de violations des droits fondamentaux sur notre continent : PAS TOUCHE A L'EUROPE DU FRIC!

(mais peut-être devrions nous offrir un GPS à Reporter Sans Frontière pour que notre nouveau Tintin puisse trouver la route de Prague...)

SIGNEZ, FAITES SIGNER LA PETITION
(ou faites la votre si cela vous convient mieux...)


http://vivelepcf.over-blog.fr/


Le tribunal de la ville de Prague a rendu son jugement en première instance mercredi 19 mars 2008. Il a validé l’interdiction de l’Union communiste de la jeunesse tchèque (KSM) par le ministère de l’Intérieur en octobre 2006. Dans le même temps, il a débouté la KSM de sa plainte contre le ministère. Le tribunal a estimé que la mesure d’interdiction est en conformité avec les lois en vigueur. Le ministère de l’intérieur avait considéré que le programme de la KSM était en violation avec la constitution de la République tchèque parce qu’il remet en cause la propriété privée des moyens de production et réclame leur socialisation. La KSM va probablement faire appel de ce jugement qui n’est pas exécutoire.

La procédure judiciaire, entamée il y a 18 mois, s’est étonnamment accélérée. L’ouverture du congrès de la KSM aura lieu samedi 22 mars. Pour ses dirigeants, ce n’est pas une coïncidence. Le pouvoir tente de faire pression sur les jeunes communistes pour qu’ils abandonnent les références théoriques fondamentales, marxistes et léninistes, de leur engagement politique.

L’action déterminée de la KSM contre la politique de casse sociale en République tchèque, contre l’implantation d’une base américaine de la « guerre des étoiles », la force et les combats du Parti communiste de Bohême-Moravie (KSCM) auquel elle est liée sont décidément insupportables pour les capitalistes.

Il est très important que soit réaffirmée la solidarité des communistes, des démocrates français avec la KSM que la mobilisation ne se relâche pas, alors qu’une nouvelle vague d’anticommunisme est lancée dans plusieurs Etats de l’Union européenne. En Hongrie, le gouvernement menace d’emprisonner les dirigeants du Parti communiste ouvrier (PCOH). Qui sera frappé demain par cette chasse aux sorcières ?

A l’occasion de son congrès, nous adressons à nouveau notre soutien total à nos jeunes camarades tchèques. Nous relançons notre campagne de signatures contre l’interdiction de leur mouvement.

Nous tenons à la disposition des organisations du PCF, de tous ceux qui veulent intervenir, des cartes postales de solidarité à faire signer et envoyer à la KSM.

Contact : PCF Paris 15, 01 48 28 60 05

Cette situation illustre toute l'importance qu'il y a à ne plus se laisser enfermer dans des débats franco-français et à donner à la dimension européenne de notre combat un caractère prioritaire, à la différence de ce que font nombre de nos camarades, de différentes organisations, qui se dispersent et s 'épuisent dans des combats d'importance secondaire. LA LUTTE POUR UNE EUROPE ROUGE EST NOTRE SEUL AVENIR!

Par Yannick - Publié dans : propositions d'actions - Communauté : les anti-capitalistes
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Lundi 7 avril 2008

L'article du 3 avril consacré à l'appel des économistes a permis d'engager un débat intéressant. Deux des signataires de ce texte ont bien voulu me répondre, et je les en remercie vivement.


Voici le texte de la réponse de Frédéric Lordon.

"L'appel des économistes illustrent malheureusement le manque d'audace
politique de ceux qui se sont montrés, depuis un quart de siècle, trop
sensibles à la dérive droitière et libérale de la société" dites vous.
Votre message illustre surtout -- et c'est tant mieux car ça rend le problème très petit -- que vous ne connaissez pas les travaux, les propositions des signataires et que vous méconnaissez les contraintes qui pèsent sur la rédaction d'un texte de pétition.

1. Des idées, telles que celles que vous appelez de vos voeux, nous en avons, nous les avons exprimées depuis un certain temps -- pour ma part depuis un an déjà, j'ai proposé un mécanisme appelé SLAM pour limiter la rémunération des actionnaires et leur ôter toute incitation à la surexploitation indéfinie des salariés.

2. Mais ça n'est pas avec des idées "techniques" qu'on fait une pétition ouverte au plus grand nombre sauf si on souhaite rester entre économistes -- ce qui n'est pas bien malin. Il nous fallait donc un objectif plus général et précis en même temps. D'où l'art 56

3. Personne d'entre nous n'a jamais dit que l'art.56 abrogé, tout était terminé. Nous considérons cette abrogation comme le PRELABLE au déploiement de toutes nos autres propositions -- que nous tenons à votre disposition (vous pouvez aller lire certains des textes mis en ligne sur le site qui vous montrerons que nous nous efforçons de penser un peu au delà de l'art 56...). cette pétition n'est donc qu'un coup joué dans l'opinion publique pour LANCER LE DEBAT et non pour le clore !!
Bien à vous
Frédéric Lordon

réponse à Frédéric Lordon :
1 Je me suis intéressé à la proposition de SLAM et j'en débattrai volontiers ultérieurement, mais il me semble qu'elle n'a pas été formulée pour répondre à la question de la crise financière. Je ne vois pas en quoi cette proposition entrerait en contradiction avec la revendication de la nationalisation-européanisation des banques.


2 Vous affirmez que ce n'est pas avec des questions techniques qu'on fait une pétition ouverte au plus grand nombre.Il me semble que deux articles d'un traité, dont un relatif à une question aussi complexe que celle de la liberté de circulation des capitaux, constituent bien un sujet technique. Le choix d'un tel thème de campagne me semble d'ailleurs poser un problème stratégique.Alors que le pouvoir sarkoziste est en difficulté sur bien des points, vous choisissez d'attaquer sur le terrain du traité de Lisbonne, qui est l'un des rares où il vient de remporter un succès en nous infligeant une défaite ! Il me semblerait nettement plus habile de ne pas se placer sur un terrain choisi par l'adversaire et , sur la forme (mais ça compte) de cesser de simplement s'opposer, d'être seulement « « contre » ». Il faut faire porter le débat publique sur une question qui mette l'adversaire en difficulté. Je crois que la proposition de nationaliser-européaniser les banques se prêterait très bien à une pétition populaire.


3 « Personne d'entre nous n'a jamais dit que l'art.56 abrogé, tout était terminé. » Je n'ai pas écrit cela, j'ai seulement posé la question, qui vient immédiatement à l'esprit, de savoir si la situation qui préexistait à la ratification du traité de Lisbonne était préférable à celle qu'il a créée. En fait, l'article 56 n'a rien changé : la libre circulation des capitaux était déjà la règle en vigeur depuis l'adoption de l'Acte Unique et du traité de Maastrichtdont l'appel ne parle pas. L'abrogation de l'artcle 56 n'aurait aucun effet juridique!


Texte de la réponse de Geneviève Azam :
>Cette pétition n'est pas une analyse globale de la crise du capitalisme. On
>peut discuter de l'utilité et de l'efficacité d'une pétition en la matière,
>qui sera forcément réductrice. Nous l'avons conçue comme une possibilité de
>lancer un débat public sur le sujet de la crise financière. Il n'y a rien
>non plus sur la crise écologique ....et pourtant !
>Mais il est vrai, comme vous le dites, que remettre en cause ces articles
>remet en cause l'édifice de la construction européenne.
>Et je ne crois pas qu'exproprier la classe dominante puisse faire l'objet
>d'une pétition, il faudra un autre rapport de force, qui reste à
>construire... modestement cette pétition voudrait y contribuer,
>Cordialement,
>Geneviève Azam

réponse à Geneviève Azam:

Je comprends bien qu'une analyse globale du capitalisme n'a pas sa place dans une pétition, mais ce n'est pas l'objet de mes remarques ! Si la pétition vise à « lancer un débat », elle porte sur un sujet, le traité de Lisbonne, qui a été très débattu ces dernier temps (voir la réponse à F. Lordon) avec les conséquence que l'on sait. Après le succès du « « non » » au projet de traité constitutionnel européen, le rejet de l'Europe est largement partagé dans l'opinion. Il faut donc passer à l'étape suivante : ne plus seulement se placer sur le terrain choisi par nos adversaires et apparaître comme de simples opposants « nonistes », mais proposer des solutions aux problèmes les plus urgents.

Je constate avec regret que ni F. Lordon ni G. Azam ne donne leur avis sur la revendication de la nationalisation-européanisation des banques.


Ils ne répondent pas davantage sur les nombreux problèmes qui se poseraient à un gouvernement qui voudrait contrôler les mouvements de capitaux sans nationaliser les banques. Dans une zone monétaire unifiée, on peut faire confiance à l'habilité des banquiers et des patrons pour contourner toutes mesures qui seraient prises en ce sens, et qui supposeraient d'ailleurs la mise en place d'un système de police financière particulièrement développé et donc coûteux et bureaucratique. Le seul moyen efficace de contrôler les mouvements de capitaux est de prendre le contrôle direct des banques et de placer à leur tête des dirigeants chargés de mettre en oeuvre une politique nationale et européenne définie démocratiquement.

 

Je maintiens qu'il est essentiel, pour contrebalancer l'idéologie dominante, de faire porter le débat sur des propositions remettant clairement en cause la propriété capitaliste. La réalisation d'un tel objectif nécessite évidemment un rapport de force bien différent de celui d'aujourd'hui, mais nous avons devant nous une opportunité historique. Avec la crise des marchés financiers, c'est le coeur même du capitalisme sous sa forme actuelle qui en devient le point faible. C'est donc là qu'il faut attaquer. La nationalisation de Northern Rock, les prises de participation de fonds souverains, donc d'états, dans le capital de certaines banques américaines, les appels nombreux à une intervention de la puissance publique et les interventions massives des banques centrales rendent crédible la revendication de la transformation du système bancaire en un service public européen. Il est facile de faire le lien entre l'activité bancaire et celle des entreprises, d'expliquer comment des banques au service du monde du travail pourrait rapidemment financer à un coût raisonnable les investissements et donc les créations d'emploi dont nous avons cruellement besoin, comment elles pourraient financer bien mieux les créations d'entreprises nouvelles, la recherche de solutions technologiques aux défis environnementaux, etc.


Bien évidemment, l'idée même de nationalisation est, du point de vue dominant, notamment au sein de la gauche caviar, archaïque, ridicule, et portée par des gens qui rêvent de reconstruire en France l'URSS de Staline ou l'Albanie d'Enver Hoxha1... Il est certain que des universitaires, qui sont du fait même de leur fonction et de leur être social, particulièrement exposés aux pressions idéologiques, prendraient un risque terrible à soutenir une telle idée : ils attireraient sourires et sarcasmes de nombre de leurs collègues, seraient tournés en ridicule dans les colloques où ne s'expriment que les « gens sérieux » et pourraient même être un jour cloués au pilori par Libération ou tout autre organe de la gauche caviar. A moins que dans la tourmente actuelle, après avoir été dépassés sur leur gauche par Gordon Brown, ils le soient par un mouvement irrésistible porté par une crise sans précédent et qu'ils se mettent à la remorque d'une Histoire qui verra revenir en force l'Etat et l'intervention publique.

1Voir, par exemple, le point de vue de Danielle Bleitrach dans son article «Pourquoi la gauche française ne parle plus des nationalisations et se reserve les moeurs? » publié le 20 février 2008 sur le site Le Grand Soir (www.legrandsoir.info)

Par Yannick - Publié dans : pistes de réflexion - Communauté : les anti-capitalistes
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Jeudi 3 avril 2008

Un appel international d'économistes contre la liberté de mouvement des capitaux a été publié le 27 mars 2008 par différents supports dont le site Gauche Alternative 20071.

Ce texte demande

<< l’abrogation de l’article 56 du Traité de Lisbonne, qui, interdisant toute restriction à ses mouvements, offre au capital financier les conditions de son emprise écrasante sur la société. Et nous demandons également que soit restreinte la « liberté d’établissement » (art. 48) qui laisse opportunément au capital la possibilité de se rendre là où les conditions lui sont le plus favorables, et permettrait ici aux institutions financières de trouver asile à la City de Londres ou ailleurs.>>

 

La liberté de mouvements des capitaux est inconstestablement un des instruments privilégiés de la dictature du capital financier. Il est regrettable que l'appel oublie de rappeler que cette liberté a découlé en premier lieu de l'Acte Unique Européen, le chef d'oeuvre de Jacques Delors voulu et réalisé par les socialistes européens, au premier rang desquels les socialistes français. En fait, contrôler démocratiquement les mouvements de capitaux Europe obligerait à remettre en cause tous les traités européens, et notamment ceux de Maastricht,soutenu par le PS, et d'Amsterdam, négocié par le gouvernement PS-PCF-Verts de Lionel Jospin. L'oubli des responsabilités de certains partis de gauche empèche de faire la clarté sur ce que devrait être un véritable mouvement politique anti-capitaliste (le capitalisme ne faisant pas seulement de dégâts dans sa version libérale).

 

Plus grave encore, l'appel se contente de demander l'abrogation de deux articles du seul traité de Lisbonne. La situation était-elle donc plus satisfaisante avant l'adoption de cet accord international? En réalité, la domination de la société par le capital financier est bien plus large que la seule liberté de circulation des capitaux. Au demeurant, même dans l'hypothès où un gouvernement voudrait utiliser une possibilité juridique de restreindre cette liberté, les spéculateurs, banques et sociétés transnationales n'auraient aucun mal à contourner les mesures de restriction2.

 

La revendication formulée dans l'appel revient en fait à demander le rétablissement d'une sorte de contrôle des changes, qui a échoué dans le passé, et dont on se demande quel sens il pourrait avoir au sein d'une zone monétairement unifiée comme la zone euro. Les signataires songent-ils à remettre en cause l'Euro et à demander le rétablissement du Franc, dont le coût économique pourrait être énorme? Oublient-ils que la création de l'Euro, comme tous les instruments forgés par le capitalisme, a un aspect contradictoire, et que le versant positif pour la France en est la disparition de la contrainte extérieure, puisque le risque d'une dévaluation de la monnaie nationale a disparu3?

 

La remise en cause de la dictature du capital financier doit être globale et permettre un financement des entreprises par d'autres mécanismes que ceux des marchés spéculatifs. C'est la propriété privée des banques qui permet aux capitalistes de contrôler l'économie dans son ensemble. Il faut avoir le courage politique d'en tirer la conclusion qui s'impose: la seule solution réaliste à la crise fiancière réside dans la nationalisation4, ou mieux, compte tenu de la dimension internationale des questions financières, dans l'Européanisation (propriété publique europénne) de l'ensemble du système bancaire. Il pourrait ainsi être transformé en un service public européen de financement de l'économie, au service de monde du travail.

 

L'appel des économistes illustrent malheureusement le manque d'audace politique de ceux qui se sont montrés, depuis un quart de siècle, trop sensibles à la dérive droitière et libérale de la société, et qui n'osent plus proposer les seules solutions réalistes, celles qui retireraient le pouvoir économique à la grande bourgeoisie. La condition essentielle à la création d'un mouvement anti-capitaliste qui ne cèdera pas aux sirènes d'un réformisme inefficace, réside dans le choix d'une lutte résolue pour exproprier la classe dominante en France et en Europe.
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Un appel international d’économistes contre la liberté de mouvement des capitaux en Europe. Pétition simultanément publiée par : L’Humanité, Le Monde diplomatique, Politis, l’émission Là-bas si j’y suis, Flamman (Suède), Trybuna Robotnicza (Pologne), Publico (Espagne), Il Manifesto (Italie), Tageszeitung (Allemagne).

 

2Il leur serait par exemple facile de ne pas rapatrier une partie des recettes d'exportation et de les placer directement dans des paradis fiscaux. Les échecs répétés des politiques de contrôles des changes et des mouvements de capitaux ont servis d'arguments aux partisans de la libre circulation et de l'Euro. L'appel donne malheureusement l'impression de vouloir répéter les erreurs du passé.

3Voir, par exemple, l'interview de Jean-Paul Fitoussi dans le dernier numéro d'Alternatives Economiques.

4Les capitalistes et les libéraux britanniques ont donné le bon exemple en nationalisant la banque Northern Rock : eux au moins ne s'embarassent pas de considérations idéologiques et savent faire tomber les <<tabous>> quand leurs intérêts fondamentaux sont en jeu.

Par yannick - Publié dans : propositions d'actions - Communauté : les anti-capitalistes
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Mardi 1 avril 2008
 

 

Depuis plusieurs jours, des luttes d'enseignants et de lycéens se développent pour s'opposer aux suppressions de postes dans l'Education Nationale.

 

Les militants et organisations de gauche sont évidemment solidaires de ce combat, auxquels nous devons participer dans toute la mesure de nos moyens, comme fonctionnaire, élèves, parents d'élèves ou citoyens soucieux de l'avenir de notre jeunesse et de notre pays.

 

Cependant, force est de constater que ce mouvement ressemble à beaucoup de ceux que nous avons connus depuis plus de vingt ans (je suis moi-même un <<ancien combattant>> de 1986 et de nombreuses luttes dans l'Education Nationale), tout aussi spontané et donc sans préparation, désordonné, intervenant sur un terrain et à un moment choisi par l'adversaire gouvernemental. Il est à craindre qu'il connaisse le sort des précédentes actions de protestations contre des suppressions de postes de fonctionnaires, à savoir l'échec.

 

Il est notable qu'hier, François Fillon a annoncé la suppression de 35000 postes de fonctionnaires, montrant ainsi qu'il n'entend pas céder sur cette question.

 

Ce problème rejoint celui plus large de l'incapacité des luttes, notamment syndicales, à empêcher une dégradation continue de la situation du monde du travail depuis un quart de siècle. Dans le cas présent, la question du nombre d'enseignants est à considérer dans le cadre d'une politique gobale de réduction des effectifs de fonctionnaires, visant à réduire les dépenses publiques en conséquence du choix d'une baisse continue des impôts des grandes entreprises et des particuliers les plus riches durant la même période, y compris sous les gouvernements de <<gauche>>.

 

La grande bourgeoisie est en mesure d'imposer un tel choix politique (et le serait même en cas de victoire électorale d'un mouvement anti-capitaliste) en utilisant le chantage à la fuite des capitaux et aux délocalisations dans le cadre de l'Europe libérale. Le dumping fiscal et social et l'existence de paradis fiscaux sont des contraintes très lourdes qui doivent être impérativement levées pour permettre un changement de cap en France, et donc des luttes réellement victorieuse sur le long terme.

 

Le rôle d'un parti anti-capitaliste n'est donc pas de prendre en marche le train des luttes au risque de se voir accuser de récupération politicienne. Il conviendrait de proposer la constitution de comités de lutte générale, rassemblant toutes les victimes de la politique actuelle, que ce soit comme travailleurs ( salariés, agriculteurs, artisans, petits entrepreneurs), usagers des services publics, défenseurs de l'environnement, etc. en vue d'une coordination des luttes visant explicitement à un changement politique radical, simultanément en France et en Europe.

Par Yannick - Publié dans : propositions d'actions - Communauté : les anti-capitalistes
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